Asile

Zurich: moins de réfugiés, plus de renvois

Le ministre zurichois de la sécurité compte faire de Zurich un modèle d’application stricte de la nouvelle réforme de l’asile

«En matière d’asile, Zurich n’est pas Vaud». C’est en substance ce qu’a déclaré lundi Mario Fehr, ministre socialiste responsable de la sécurité à Zurich. L’élu s’est félicité de tenir «la situation sous contrôle» en matière d’asile, tout en brandissant le contre-exemple romand. Il pointait du doigt la tendance vaudoise, déjà critiquée cet été par le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), à ne pas appliquer systématiquement les accords de Dublin, qui prévoient le renvoi d’un requérant d’asile vers le pays où il a déposé sa demande initiale.

La pression monte sur les cantons

La Suisse est l’un des pays, en Europe, à user le plus des accords de Dublin et Zurich tient à jouer les élèves modèles, alors que la Confédération s’apprête à mettre en oeuvre les premières dispositions de sa réforme de l’asile. Parmi lesquelles, une surveillance accrue des cantons. Ceux qui n’exécuteront pas systématiquement le renvoi de requérants déboutés risquent de perdre des indemnités forfaitaires versées par la Confédération. «Les règles s’appliqueront de manière plus stricte», annonce Mario Fehr, qui réfute toutefois répondre à la pression de Berne.

Le ministre socialiste, critiqué dans son propre camp pour son intransigeance, réaffirme sa ligne: «Qui obtient l’asile reste et sera intégré, qui ne l’obtient pas doit quitter le pays. L’exécution des décisions négatives est cruciale à la légitimité de la nouvelle loi». Depuis 2012, les autorités zurichoises interdisent à des requérants ayant commis un délit, mais aussi aux individus déboutés, de quitter leur commune de résidence. Jugée disproportionnée et contraire à la liberté de mouvement par les organisations de défense des réfugiés, cette mesure a valu de vives critiques à Mario Fehr. Lequel ne compte pas pour autant abandonner ce qu’il considère comme un outil efficace pour «inciter les requérants déboutés à quitter le territoire». Parmi les 713 personnes pour lesquelles une décision négative a été prononcée actuellement, 194 ont reçu une interdiction de sortir de leur zone de résidence.

7 réfugiés pour 1000 habitants

Après une année 2015 marquée par une hausse de demandes d’asile, les chiffres de l’immigration déclinent: au lieu des 40 000 demandes d’asile enregistrées l’an dernier, les prévisions du Secrétariat d’Etat aux migrations tablent sur 30 000 d’ici la fin de l’année, dont 44% de la part de personnes amenées à rester en Suisse. Canton le plus peuplé de Suisse, Zurich est celui qui accueille le plus de requérants (17%). Chaque commune est appelée à accueillir un quota de sept réfugiés pour 1000 habitant. Au vu des prévisions à la baisse, les communes zurichoises n’auront pas à créer de nouvelles places d’hébergement jusqu’à la fin de l’année, a annoncé le conseiller d’Etat.

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