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Zurich ambitionne de devenir pionnier de la lutte contre la cybercriminalité. Le conseil d’Etat a annoncé la création de 20 nouveaux postes de spécialistes: Dix informaticiens, cinq avocats, ainsi que cinq assistants.
© © Kacper Pempel / Reuters

Sécurité

Zurich renforce son arsenal contre la cybercriminalité

La «digitalisation» du crime prend de court les polices. Le canton de Zurich, qui dispose d’un centre de compétence en cybercrime, engage de nouveaux spécialistes et lance un programme de formation des policiers

Zurich ambitionne de devenir pionnier de la lutte contre la cybercriminalité. Le conseil d’Etat a annoncé la création de 20 nouveaux postes de spécialistes: Dix informaticiens, cinq procureurs, ainsi que cinq assistants composent cette nouvelle équipe de spécialistes en délit via internet. Sa mission: diffuser son savoir auprès de la police cantonale et du Ministère public. «Nous devons montrer la voie à suivre», a affirmé le conseiller d’Etat zurichois en charge de la sécurité, Mario Fehr, lors d’une conférence de presse mercredi.

La Suisse à la traîne

Le constat: face à une digitalisation croissante de l’économie et de la société, la criminalité emprunte toujours plus souvent des voies digitales, d’où la nécessité pour les autorités de se perfectionner. La Suisse est à la traîne, s’alarme Jacqueline Fehr, conseillère d’Etat zurichoise responsable de la justice: «Nous devons à tout prix renforcer nos moyens de lutter contre ce phénomène».

Aussi, le gouvernement cantonal lance également un nouveau programme de formation destiné à ses policiers, nommé Pace. Au total, 500 agents cantonaux devront renforcer leurs compétences en matière de lutte contre la cybercriminalité.

Le travail de la police transformé

«La digitalisation des délits a transformé le travail de la police. Il n’existe pratiquement aucune enquête aujourd’hui qui n’exige pas des connaissances en technologie de l’information», renchérit Stefan Walder, co-directeur du centre zurichois de compétence sur la cybercriminalité.

Ce terme englobe toutes les formes de délits commis via internet: piratage de cartes bancaires, intrusion d’un système informatique, cyberattaque, cryptage de fichiers contre rançon, escroquerie via e-mail, trafic d’armes ou de drogue sur le darknet (partie immergée d’internet), mais aussi harcèlement sur les réseaux sociaux, propagande ou pédopornographie. L’anonymat offert par l’environnement virtuel complique encore la tâche des enquêteurs.

Bientôt un centre romand contre la cybercriminalité?

Les dénonciations pour ce type de délits sont en hausse, pourtant le phénomène n’est pas suffisamment pris au sérieux, laisse entendre Jacqueline Fehr, également présidente de la Conférence cantonale des directeurs de justice et police (CCDJP): «Les entreprises ont tendance à éviter de communiquer lorsqu’elles sont victimes d’un hacking, car elles redoutent le dégât d’image. Aussi, le problème passe souvent inaperçu pour le grand public et il n’y a pas de pression politique pour renforcer la lutte contre les délits sur internet».

Zurich marquait déjà un tournant en 2013 lors de la création d’un centre de compétence sur la cybercriminalité, seule structure du genre, en Suisse. Peut-être plus seule pour longtemps: deux nouveaux centres pourraient voir le jour à l’avenir, l’un en Suisse centrale et un autre, en Suisse romande, a annoncé Jacqueline Fehr. «C’est un modèle testé et approuvé, souligne la ministre. L’avantage est qu’il permet une collaboration étroite entre la police et la justice».


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