Les voies de tram, et leurs ornières sournoises, continueront d’angoisser les cyclistes qui les longent, les traversent… et s’y coincent parfois brutalement en ville de Zurich. Après dix mois de tests, les transports publics zurichois (VBZ) renoncent à leur projet de voies «velo-friendly». Le matériau utilisé, soit le caoutchouc qui remplit les ornières, n’est pas assez résistant, ont-ils justifié mercredi. Les VBZ testaient depuis août 2013 un rail, comblé de matière molle, résistante au poids d’un vélo mais s’enfonçant lors du passage du tram.

La voie «test» – d’une centaine de mètres dans le quartier de Höngg – avait ravi les utilisateurs. Les cyclistes ne coinçaient plus leurs roues dans le sillon, et glissaient moins les jours de pluie, grâce à l’adhérence du caoutchouc. Mais ce dernier n’a pas résisté à l’épreuve du temps: Les transports publics ont dû sans cesse le surveiller, le réparer et le remplacer. «Sa durée de vie est trop courte pour être économiquement soutenable. Le matériau devrait tenir au moins une année», regrette l’entreprise. Le fabricant continue néanmoins ses recherches pour trouver une formule plus résistante.

Genève, quant à elle, poursuit ses essais initiés en 2009. Trois tronçons de tram ont été équipés du système véloSTRAIL, avec des plaques de caoutchouc qui remplissent l’espace entre les rails (et non pas uniquement les sillons) «Cela fonctionne bien, mais nous avons aussi des problèmes avec l’usure du caoutchouc», admettent les Transports publics genevois (TPG). Le concept, dans son ensemble, n’a pas encore été homologué par l’Office fédéral des transports. «Nous avons rendez-vous la semaine prochaine pour discuter avec les autorités fédérales», notent les TPG. Avant de préciser: «vu son coût, même s’il est homologué, le système devrait se limiter à l’avenir à quelques carrefours dangereux.»