Le Conseil d'Etat zurichois a de la suite dans les idées: après les airs et la route, et partant du principe qu'en période de globalisation, l'avenir de sa place économique ne peut être assuré qu'en augmentant et en adaptant son réseau de transport, il présentait hier ses Perspectives ferroviaires pour la région économique zurichoise. Ce rapport de 18 pages fixe un cadre pour les constructions à venir ces 25 prochaines années. L'idée fondamentale est d'assurer le maximum de mobilité aux usagers, tout en trouvant un compromis dans l'aménagement du territoire, l'écologie et la qualité de vie.

Concrètement, de quoi s'agit-il? Dix ans après l'introduction du S-Bahn, la gare centrale de Zurich est trop à l'étroit: 350 000 personnes y transitent quotidiennement, soit 44% des voyageurs transportés par les CFF dans toute la Suisse. Le rapport prévoit d'agrandir la gare souterraine traversante, de lui adjoindre un nouveau tunnel en direction d'Oerlikon, voire une variante directe vers l'aéroport. Il prévoit en outre la construction de deux tangentes, au nord et au sud, qui éviteraient la gare centrale.

De 25 à 265% de voyageurs en plus suivant les liaisons

Les Perspectives tablent pour ces 25 prochaines années sur une augmentation de la demande de 25 à 30% pour le trafic régional en région zurichoise, soit 100 à 130 millions de voyages. Elles prévoient un saut de 72% pour le trafic national (de 32 à 55 millions de transports) et même un bond de 265% pour les liaisons internationales, grâce aux lignes à grande vitesse. Pour Georg Elser, responsable de l'Office des transports du canton de Zurich, «la mobilité a fait un bond spectaculaire depuis l'introduction de l'horaire cadencé. A terme, on ne distinguera plus le trafic régional du national: l'Interregio (IR) est déjà les deux à la fois.» Raison pour laquelle les Zurichois, sans délaisser la gare centrale, proposent la construction de tangentes: on pourra habiter Aarau et travailler à Winterthour sans gêne, à la manière des pendulaires d'Yverdon qui se rendent à Genève sans transiter par Lausanne.

Ces nouvelles infrastructures coûteront 2 milliards de francs (±30%) et seront financées aussi bien par le canton, les CFF et la Confédération, selon une clé de répartition qui reste à définir. Du côté des CFF, Paul Moser, directeur des grands projets, se réjouit de disposer d'une étude qui s'inscrit dans la 2e étape de Rail 2000: «Zurich est notre plus gros marché: ce rapport a un caractère pilote qui servira de référence sur le plan national autant pour nous, pour l'Office fédéral des transports que pour les cantons.»