Zurich attire de plus en plus les Chinois, surtout des jeunes. Le phénomène est jugé si conséquent que le Service des statistiques, pour marquer le Nouvel An chinois (10 février), propose une analyse fouillée de cette migration. En 2011, quelque 1300 citoyennes et citoyens de l’Empire du Milieu vivaient dans la ville alémanique, trois fois plus qu’il y a dix ans. De ce fait, ils représentent 1,1% des étrangers établis sur les rives de la Limmat, loin derrière les Allemands (25,4%).

Si la progression surprend peu, quelques caractéristiques taquinent la curiosité. Tout d’abord, les Chinois ne sont pas là depuis très longtemps. En effet, 30% d’entre eux avaient, en 2011, passé moins d’une année à Zurich, précise Klemens Rosin, directeur de la section analyse des statistiques. Dans le cas des autres nationalités, cette proportion avoisine, en moyenne, 17%. «Les 20-29 ans constituent quasiment 40% de cette présence chinoise.» D’ailleurs, plus d’un quart des Chinois sont des étudiants. L’école polytechnique fédérale et l’université en accueillent chacune plus d’une centaine.

Force du tourisme

Ainsi, environ 10,5% des quelque 11 000 représentants de l’Empire du Milieu installés en Suisse vivent à Zurich. Pourtant, la plus grande ville du pays n’est pas gratifiée de la plus forte proportion de Chinois. Leur part y représente 0,3% de la population. Or, ce taux atteint 0,4% à Genève et 2% à Montreux (511 pour 25 000 habitants). A l’Office de la population de la cité vaudoise, on explique cette présence par la proximité de certaines écoles ou institutions, notamment l’Ecole hôtelière de Glion.

Un autre aspect intéresse Zurich au plus haut point: la progression des touristes chinois. La ville alémanique figure, aux côtés de Genève, Interlaken et Lucerne, parmi les destinations préférées. En 2012, entre 830 000 et 840 000 citoyens chinois ont visité la Suisse, selon les calculs de Suisse Tourisme (LT du 04.02.2013), soit une progression de 25% d’une année à l’autre. A Zurich, on a totalisé en 2011, dans la seule ville, 54 300 nuitées (18 000 en 2005), soit presque le même nombre qu’à Genève en 2012 (54 324). Dans les deux cités, on relève une forte présence dans les hôtels de haut standing (une nuitée sur deux a été effectuée dans des 4 étoiles à Zurich), et des séjours qui, en moyenne, se raccourcissent pour ne pas dépasser 1,5 jour. Un détail d’importance distingue les deux villes: Genève ne dispose pas encore de ligne aérienne directe vers la Chine (Air China en inaugure une le 7 mai), contrairement à sa consœur alémanique.

Une chose est sûre, Zurich choie cette présence, quelle que soit son importance: le site internet officiel de la Ville existe en allemand, en anglais et en chinois. Ce n’est pas une affaire de privilège, assure le chef de la communication. Ce service date de 2010, lorsque la métropole alémanique – aux côtés de Genève et Bâle – représentait la Suisse urbaine à l’Exposition universelle de Shang­hai. «Nous voulions que nos hôtes puissent s’informer à notre sujet.»