élections cantonales

A Zurich, un parlement plus féminin que jamais

Au lendemain des élections cantonales zurichoises, il y a non seulement une majorité de femmes à l’exécutif, mais aussi un record d’élues au législatif

L’élection de Natalie Rickli a redonné aux femmes une majorité au Conseil d’Etat zurichois, où elles sont désormais quatre sur sept. L’UDC rejoint les sortantes Jacqueline Fehr (PS), Silvia Steiner (PDC) et Carmen Walker Späh (PLR). Mais la tendance, cette année, ne s’arrête pas à l’exécutif: le nouveau parlement cantonal est aussi plus féminin que jamais avec 73 élues pour 180 sièges, soit un peu plus de 40%, un record. Ce n’est pas encore représentatif du poids démographique des femmes, mais c’est un taux élevé en comparaison nationale. En moyenne, les législatifs cantonaux comptent 28,7% de femmes et les exécutifs 25,3%. A Berne, au Conseil national, le taux d’élues stagne autour de 32,5%.

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Abondance de candidates

Derrière ces scores, plusieurs explications. Il n’y avait jamais eu autant de candidates – 40% des quelque 1700 prétendants. «C’est la preuve que lorsqu’on présente des femmes et qu’on les place en bonne position sur les listes, elles sont élues», souligne Andrea Gisler, présidente de Frauenzentrale Zürich, elle-même nouvelle élue vert’libérale. Cette organisation qui milite pour l’égalité entre hommes et femmes en politique a distribué dans l’ensemble des districts zurichois des tracts pour présenter les candidates, toutes couleurs politiques confondues, qui avaient le plus de chances de l’emporter, et expliquer de quelle manière voter afin d’augmenter les chances des femmes de se faire élire. «Il faut choisir avant tout les femmes qui se trouvent en tête de liste, sans tenir compte du parti, inscrire deux fois leur nom ou biffer le nom de leurs concurrents», dit-elle.

Bien placées sur les listes

Plusieurs partis ont réservé de bonnes places sur les listes à leurs candidates, certains ont pris soin d’alterner noms féminins et masculins. Les plus assidus à cet exercice obtiennent les meilleurs scores: les Verts comptent 12 élues sur 22, les Vert’libéraux 12 sur 23. Du côté des socialistes, 20 sièges sur 35 sont occupés par des femmes. Les partis de droite, moins soucieux de placer leurs candidates en haut des listes, comptent sans surprise moins de femmes: 10 élues sur 45 du côté de l’UDC, 11 sur 29 au PLR. Mais de nombreux électeurs ont délibérément choisi de favoriser les profils féminins en panachant les listes. Le Tages-Anzeiger a fait le calcul: 37% des candidates obtiennent un meilleur score que celui que leur destinait leur place sur les listes. Ce n’est le cas que de 26% des hommes.

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Avec parfois des révélations, comme Daniela Rinderknecht, UDC de Bülach, membre de l’Union suisse des paysannes: alors qu’elle était treizième sur sa liste, des voix obtenues à droite comme à gauche lui ont valu un score confortable et l’ont propulsée au quatrième rang dans sa circonscription. Ou encore Angie Romero: le panachage de voix a donné l’avantage à cette nouvelle venue en politique sur son collègue de parti sortant Hans-Jakob Boesch, pourtant bien connu en tant que chef du PLR, qui s’est vu éjecté du parlement. Enfin, c’est aussi une jeune femme socialiste novice en politique qui se hisse à la quatrième place des meilleurs élus du parlement, derrière trois politiciens UDC: Sarah Akanji, 25 ans, footballeuse de Winterthour, sœur du joueur de l’équipe de Suisse Manuel Akanji.

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