Les deux candidats bourgeois pour le siège à repourvoir au Conseil d'Etat zurichois font campagne par marraines interposées. Le PDC Hans Hollenstein, municipal à Winterthour, peut s'appuyer sur la présidente du PDC suisse, Doris Leuthard, qui a fait mercredi le déplacement sur les bords de la Limmat. Trop heureuse de donner une dimension nationale au second tour de l'élection zurichoise. Et de répéter son message: la force du PDC, c'est son indépendance et son positionnement clairement au centre.

Une pique contre les radicaux

Le parti ne songe pas à une alliance permanente avec les radicaux et l'UDC, comme le propose le nouveau président radical, Fulvio Pelli. Doris Leuthard n'a pas pu s'empêcher non plus de lancer une pique aux radicaux zurichois: «Ceux qui soutiennent l'UDC, si l'on songe au rejet par ce parti des accords bilatéraux, rendent un mauvais service à Zurich et à son rôle de moteur économique.»

Pour épauler Bruno Heinzelmann, son candidat qui a repris le témoin à mi-course, l'UDC n'a pas misé sur Ueli Maurer. Après le camouflet infligé à Toni Bortoluzzi au premier tour, jugé trop proche de la ligne dure défendue par les instances dirigeantes du parti, la présence du président suisse aurait desservi le maire de Kloten. Non, pour réussir, le bientôt quinquagénaire Bruno Heinzelmann doit inspirer confiance avant tout à l'électorat radical. Dans des tons très décents, qui tranchent avec les couleurs criardes affectionnées par l'UDC, son affiche électorale veut suggérer modernité et dynamisme.

Et il est revenu à la conseillère aux Etats radicale Trix Heberlein de jouer les marraines vendredi. Une façon de rendre la politesse, elle qui a décroché son élection en automne 2003 après une campagne en tandem avec l'autre représentant de Zurich à la Chambre des cantons, l'UDC Hans Hofmann. Pour elle, Bruno Heinzelmann est le seul candidat susceptible de garantir un gouvernement bourgeois à Zurich. «Précisément dans des temps économiques difficiles, le pacte bourgeois est une nécessité», a-t-elle déclaré.

Lors des élections cantonales en avril 2003, le Parti radical considérait encore que le PDC faisait partie du bloc bourgeois et soutenait un certain Hans Hollenstein. Qui est recommandé cette fois-ci par le Parti socialiste. «Hans Hollenstein n'a pas changé, mais la situation, oui», a expliqué Trix Heberlein. Qui songe certainement aussi aux élections cantonales de 2007. Un conseiller d'Etat PDC déjà en place est une menace pour le Parti radical, qui aura de la peine à maintenir ses deux sièges.