Jour de grève à Stockholm. «Les chauffeurs de bus manifestent», titre la presse locale que feuillettent des usagers du métro. Le train souterrain fonctionne comme à son habitude. Et la circulation semble toujours aussi dense au cœur de Stockholm.

Arrivé à l’imposant édifice de la centrale syndicale, Landsorganisationen i Sverige (LO), pas de trace de grève, ni de tracts. Sont-ils en train de manifester dans la ville? Hochement de tête de la responsable communication: «En Suède, nous sommes plutôt discrets.»

De fait, les grèves sont rares dans le pays, explique Ola Pettersson, chef économiste du puissant LO. «Ce n’est pas dans notre culture. Le climat social est plutôt bon.»

Y compris lors des coupes drastiques des années 90 et 2000? «Il y avait des critiques sur certaines réformes, comme celle de l’assurance chômage, mais nous étions conscients que la situation n’était pas tenable. Les sociaux-démocrates avaient annoncé la couleur avant d’être élus, explique-t-il. De plus, les coupes ont touché tout le monde, les réformes étaient équitables.»

Le syndicat n’a pas organisé de manifestations massives dans les rues. Il n’en avait pas besoin: «En Suède, nous avons beaucoup de poids, puisque 70% des salariés sont membres d’un syndicat. Et 90% des employés sont assujettis à une convention collective. Nous avons une influence directe sur la politique, affirme Ola Pettersson. Ce n’est pas comme en France, où les syndicats sont beaucoup moins puissants, et jouent les agitateurs pour se faire entendre.»