Les responsables économiques et politiques se basent essentiellement sur le taux de chômage pour apprécier la situation du marché du travail. Avec un taux de l'ordre de 3%, inutile de préciser que l'économie nationale peut être considérée comme saine. Les comparaisons avec nos voisins européens nous font aussi passer pour les champions du plein-emploi! La réalité quotidienne s'avère fort différente. Comment se fait-il que de jeunes universitaires (ils ne coûtent pas cher) transitent quasiment systématiquement par le chômage? Pourquoi a-t-on introduit les stages? En période de bonne conjoncture, on n'engage pas ou peu de stagiaires mais des jeunes collaboratrices et collaborateurs avec un contrat de travail de durée indéterminée (CDI). Pourquoi organise-t-on bientôt chaque semaine des conférences sur les opportunités de travail pour les plus de 50 ans? Comment se fait-il que le nombre de pendulaires augmente et que de nombreuses personnes effectuent plus de 250 km par jour (temps de déplacement pas payé) pour se rendre à leur place de travail? Du personnel bien formé, ainsi que de nombreux cadres mettent souvent plus de 12 mois pour retrouver un emploi! Combien de collaboratrices et collaborateurs en place doivent se cramponner à leur siège jusqu'à la retraite par manque d'opportunités? On n'a jamais parlé autant de réseautage ces dernières années, cela démontre très bien que, pour rebondir sur le plan professionnel, un piston est souvent indispensable! Est-il normal qu'avec un taux de chômage si bas les employeurs croulent sous les postulations suite à une annonce dans la presse? Pourquoi oriente-t-on les quadras et les quinquas vers un statut d'indépendant? On pourrait pousser plus loin la réflexion...

Bien des personnes en place dans les entreprises occupent des emplois mal payés, effectuent un travail qui ne correspond pas à leurs compétences ou sont dans un autre domaine, travaillent à temps partiel alors qu'elles souhaiteraient un plein temps, disposent d'un contrat de durée déterminée ou sont placées par des agences temporaires avec toute l'incertitude quant à leur avenir. Voilà comment il faut analyser le marché du travail!

La seule indication du taux de chômage donne une image déformée et irréelle de notre contexte économique. Elle sert surtout à satisfaire les responsables économiques, politiques et les hauts fonctionnaires.