Dunkerque. Fils aîné d’une jeune mère dépassée, père biologique décédé et père d’adoption déjà largué, Malony est un garçon turbulent qui tombe dans la petite délinquance. Fatalité? Une juge pour enfants et un éducateur s’évertuent pourtant à le sauver, malgré les incartades répétées de cet adolescent violent, incapable de gérer ses émotions… Film d’ouverture inhabituel pour Cannes, La Tête haute est a priori un modeste film «social» français rehaussé par la seule présence de la star Deneuve. Malgré un style un peu quelconque et un protagoniste formidablement tête à claques, le film finit pourtant par toucher juste, à force d’insister. Après Backstage et Elle s’en va, sans oublier le sketch dramatique d’Infidèles et sa participation à Polisse de Maïwenn (comme coscénariste et actrice), Emmanuelle Bercot confirme un rare talent pour toucher le grand public avec des thèmes délicats. On pourra trouver son point de vue limité, voire «réac» dans son respect des institutions. Il n’empêche que cet hommage à tous ceux qui refusent de baisser les bras devant l’exclusion sociale vaut largement le détour.