Le Théâtre sauvage est, dit Guillaume Béguin, le miroir inversé de son précédent spectacle Le Baiser et la Morsure, qui avait séduit public et critique lors de sa création à l'Arsenic, à Lausanne, en 2013. Le metteur en scène vaudois y montrait comment, dès qu'ils développaient le langage, les hommes s'isolaient. Comment l'apparition de la parole divisait la première humanité. Ce spectacle qui débutait sur la vie en société des grands singes relatée avec beaucoup de délicatesse est repris au Théâtre Vidy-Lausanne en janvier prochain. Il dialoguera avec la nouvelle création, Le Théâtre sauvage, qui défend la position inverse, explique Guillaume Béguin: «Là, au contraire, il s'agit de montrer comment la parole a été un agent de civilisation. Comment les hommes sont sortis de la bestialité avec l'élaboration du langage.» Pierre Maillet, Matteo Zimmermann et Joël Maillard figurent au générique de ces deux pièces en contrepoint, sur fond de sauvagerie et de domesticité.