Un quart de siècle après sa disparition, Théodore Stravinski fait l'objet d'un hommage qui coïncide avec la parution du catalogue raisonné de ses œuvres (fruit de minutieuses recherches menées par la fondation qui porte son nom). Né à Saint-Pétersbourg en 1907, le fils du compositeur baigne, enfant, dans un milieu culturel cosmopolite, il côtoie Auberjonois et Picasso, Braque et Cocteau. Il passera à Genève les dernières décennies de sa vie. Influencé par le cubisme, le jeune artiste fréquente l'Académie André Lhote à Paris et suit sa famille dans ses nombreux déplacements liés aux événements en Europe. Après des débuts classiques, le peintre s'émancipe, sa manière gagne en vigueur et en expressivité, sa palette en tonalités fortes et chaleureuses. Hormis les sujets mythologiques et les scènes de cirque, Théodore Stravinski s'en tient - sans jamais renoncer à la figuration - à la nature morte et au paysage. Les tableaux sont l'aboutissement d'un long travail préparatoire, jalonné d'études au crayon, à la gouache, au pastel, des études qui peuvent être considérées comme des œuvres en soi. Le peintre a également réalisé des pièces monumentales, des costumes et des décors (L'Histoire du soldat, 1944), des illustrations (Noces et autres histoires de Ramuz, 1943).