L'Europe est le berceau de l'orchestre symphonique. Trois formations se hissent au sommet. L'Orchestre philharmonique de Vienne, jugé le meilleur lors d'une enquête menée il y a deux ans par sept périodiques, ne fait rien comme les autres. Il n'a pas de chef permanent, collabore avec diverses personnalités (Muti, Boulez, etc.), est rattaché à l'Opéra d'Etat de Vienne. Cette phalange se distingue par son soyeux, ses sonorités fauves et raffinées. C'est l'orchestre idéal pour Mahler et Strauss. Il joue dans la mythique salle du Musikverein de Vienne (photo ci-dessus).

L'Orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdamsuit de peu. Luxe des sonorités, aération des textures, moelleux exceptionnel: cet orchestre ancré dans la tradition germanique a élargi son répertoire sous l'impulsion de Riccardo Chailly, puis du chef letton Mariss Jansons. Quant à l'Orchestre philharmonique de Berlin, il est un peu plus chahuté depuis que le chef anglais sir Simon Rattle en a pris les commandes. Modernisation du répertoire, volonté de rajeunir les troupes: une phalange en pleine mutation.

Les Allemands dominent le top ten européen avec la Staatskapelle de Dresde (menée par Fabio Luisi), l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise et l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.Chez les Anglais, le London Symphony Orchestra connaît un essor retentissant avec Valery Gergiev, chef aussi magnétique que médiatique.

Aux Etats-Unis, le Los Angeles Philharmonic, le New York Philharmonic, le Chicago Symphony (l'orchestre le plus ancien des Etats-Unis), le Cleveland Orchestraet le Boston Symphonyrivalisent d'excellence. Ces formations sont souvent menées par des chefs européens. Le poli technique, un certain brillant mais aussi la musicalité en font de rutilants vaisseaux symphoniques.