C'est indéniable: la traction intégrale, autrement dit la transmission de la puissance du moteur aux quatre roues, améliore sensiblement la sécurité active d'un véhicule sur chaussée mouillée, mais surtout sur route enneigée ou verglacée. Seulement voilà! Les voitures disposant de cette technologie sont souvent grosses, chères, gourmandes en carburant, donc salement polluantes et émettrices de CO2.

Schématiquement, le monde des propriétaires de 4x4 se divise en deux. D'un côté, il y a ceux qui habitent la montagne ou qui s'y rendent fréquemment, notamment en hiver, et pour qui la traction intégrale répond à un besoin bien réel. Et, de l'autre, celles et ceux qui, bien que ne roulant qu'en plaine ou presque, se laissent séduire par ce genre d'engins, parce qu'ils (elles) s'y sentent davantage en sécurité ou... pour la frime. Or, malheureusement, ce sont les seconds que l'on retrouve en large majorité au volant de ces «méchants gros 4x4» que sont notamment les Audi Q7, BMW X5, Lexus RX, Mazda CX-7, Mercedes ML, Nissan Murano, Range Rover, Volvo XC90 ou VW Touareg, sans même parler des Porsche Cayenne et autres monstrueux Hummer.

Du coup, de plus en plus de voix s'élèvent pour juguler, sinon carrément condamner de tels véhicules. D'ailleurs, les ventes de la plupart de ces modèles freinent et le marché de l'occasion les voit fleurir en nombre (à des prix de plus en plus intéressants, avis aux amateurs!).

Mais on peut profiter des avantages du 4x4 sans pour autant débourser des dizaines de milliers de francs - voire davantage - ni sacrifier l'environnement et le climat. D'abord, en choisissant - mais encore faut-il en avoir vraiment l'utilité - un SUV plus modeste et raisonnable, comme le Kuga de Ford, le CR-V de Honda, le Qashqai de Nissan, le Koleos de Renault, le Grand Vitara de Suzuki, le RAV4 de Toyota ou la Tiguan de VW. Ensuite, et mieux encore, en fouillant les catalogues pour y dénicher des minivoitures à traction intégrale. Et, entre 20000 et 30000 francs, parfois même au-dessous de 20000 francs, on trouve une dizaine de modèles qui ne rangeront jamais leurs propriétaires parmi les affreux à quatre roues motrices.

Des petites berlines passe-partout d'abord, comme la Fiat Panda 4x4 (dès 18750 francs), la Daihatsu Sirion 4WD (dès 20290 francs), la Subaru Justy AWD (dès 19950 francs) ou la Suzuki Swift 4x4 (dès 18990 francs). Des SUV miniatures ensuite, comme la Fiat Sedici (dès 26300 francs) et sa soeur jumelle nippone la Suzuki SX4 (dès 23990 francs) ou encore l'étrange Daihatsu Materia en version 4WD (dès 25500 francs). Et même de vrais toutterrains archi-compacts, comme la Daihatsu Terios 4WD (dès 25490 francs) et le Suzuki Jimny (dès 19990 francs) ou l'autre modèle de Suzuki, en fin de carrière mais toujours proposé, l'Ignis (dès 20490 francs).

Tous ces modèles, animés par des moteurs de cylindrée très raisonnable, à essence et parfois aussi diesel, se contentent de cinq à six litres de carburant aux 100 et rejettent pour la plupart moins de 150 grammes de CO2 par kilomètre.

Le salon de Paris, qui ouvrira ses portes dans quelques jours, dévoilera quelques autres mini-4x4. Notamment le Toyota Urban Cruiser, dont le moteur diesel de 1,4 litre ne rejette que 133 g/km de CO2.

Car le constat est clair: sur le plan commercial, les petits 4x4 ont le vent en poupe. Même si leurs progressions ont tendance à se tasser, les deux marques nippones dont l'offre est particulièrement riche à ce rayon, Daihatsu et Suzuki, ont vu leurs ventes en Suisse croître de plus de 50% entre 2005 et 2006. Et encore, respectivement, de 30% et 20% entre 2006 et 2007.

«La Swift à quatre roues motrices est devenue le best-seller de notre gamme en Suisse», relève Jürg Naef, responsable presse et marketing de Suzuki Automobile Suisse. «Elle représente plus de 30% de l'ensemble de nos ventes et les trois quarts de celles des Swift.»

Le succès appelant le succès, ce type de véhicule se multipliera sans doute à l'avenir, profitant également des nouvelles technologies de propulsion (hybrides, électriques, etc.). Qui s'en plaindra?