«Je travaille à côté, à 70%»

Mélanie, 2e année de Lettres, Lausanne.

«J'ai eu une bourse dès mes études de gymnase (lycée). Je recevais 4000 francs par année. J'ai ensuite fait deux ans de psychologie et j'ai changé pour les Lettres. Nous avons vécu dans une petite maison dont mon papa a hérité, et si un parent est propriétaire, il est plus difficile de recevoir une bourse.

Ma maman est décédée au début de l'année, nous avons dû vendre la maison. Mon père pourrait m'aider un peu, mais a dû rembourser énormément de dettes en plus des divers impôts. Il n'a pas l'argent nécessaire pour subvenir aux besoins de mon petit frère, aux siens et aux miens. Je travaille depuis l'âge de 14 ans. J'ai dû renoncer à donner des cours particuliers, mais j'ai toujours trois jobs: je suis responsable de la prévention dans un centre culturel, je fais des corrections de mémoires et de thèses, et je travaille à 70% dans un Coop Pronto. Le week-end ainsi qu'un jour et demi dans la semaine, on peut moduler, la tranche 5h45-14h ou 14-22h. Ainsi, j'essaie de louper le moins de cours possible. J'ai pu prendre un appartement, et j'ai l'impression que cela entre en ligne de compte dans le calcul. Pour cette année, je n'ai qu'une réponse provisoire, une bourse de 1900 francs. Cela ne paiera que les taxes et des livres. On a l'impression qu'ils ne veulent pas nous faire dépasser un certain seuil de faiblesse financière. Nous sommes en Suisse, mais tous les étudiants ne sont pas riches...»

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