Après le sommet de Jeune et jolie, François Ozon ne pouvait sans doute que fléchir un peu. Librement inspiré d'une nouvelle de Ruth Rendell (The New Girlfriend), Une Nouvelle Amie ne démarre en effet pas trop bien. Mais ce film mené tambour battant a heureusement du souffle, permettant à notre grand explorateur des petites perversions de s'amuser comme un fou, à partir d'une situation pourtant dramatique.

A la suite du décès de sa meilleure amie Laura, Claire frise la dépression malgré le soutien de son mari Gilles. En arrêt de travail, elle décide d'aller voir le veuf David, qui s'occupe à la maison de sa fille Lucie, née quelque mois plus tôt. Le découvrant déguisé en femme, Laura a d'abord une réaction de rejet. Mais David lui explique qu'il n'est pas homosexuel, qu'il aime juste se travestir. Une nouvelle complicité naît alors entre eux…

Tournant dans un Canada anonyme (clin d'œil au Laurence Anyways de Xavier Dolan?), le cinéaste passe en revue toutes les conséquences sexuelles et affectives pouvant découler d'une telle situation (qui n'est pas sans rappeler le cas Ed Wood). Malgré le numéro d'un Romain Duris plus convaincu que convaincant, Ozon fait le bon choix de se concentrer sur le trouble d'Anaïs Demoustier (Les Neiges du Kilimandjaro, Elles, Bird People), actrice d'une fraîcheur incomparable qui s'affirme ici comme la future Isabelle Huppert ou Nathalie Baye. D'où un film qui intrigue malgré ses artifices et sa verve un peu superficiels.