C'est un peu le hasard qui a voulu ça: les trois conseillères fédérales sont à la tête des trois départements qui ont la responsabilité de l'essentiel des relations bilatérales avec l'Union européenne.

Comme ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey en assume la responsabilité globale, alors que la ministre de l'Economie, Doris Leuthard, et sa collègue de Justice et Police, Eveline Widmer-Schlumpf, s'occupent de dossiers spécifiques. Or, leurs intérêts se rejoignent pour le dossier de la libre circulation des personnes.

Sur le terrain

Ce sont elles en effet qui vont mener la campagne pour la confirmation et la reconduction de cet accord. Elles se mobilisent mardi, soit deux jours après les votations fédérales de ce dimanche. Et elles seront présentes sur le terrain jusqu'au jour du scrutin, agendé au 8 février 2009.

Leur adversaire a pour nom UDC. Le parti suisse n'a pas adopté une position très claire sur ce sujet. Christoph Blocher, le prédécesseur d'Eveline Widmer-Schlumpf, l'a convaincu de renoncer à s'opposer à la libre circulation. Et ce en raison de la décision du parlement de lier la reconduction de l'accord existants avec les 25 Etats de l'UE à son extension à la Roumanie et à la Bulgarie.

Combattre le paquet européen

Mais les Jeunes UDC ne l'ont pas entendu de cette oreille. Avec l'appui des Démocrates suisses et de la Lega tessinoise, il a lancé le référendum, et celui-ci a abouti. On va donc voter. Et l'UDC a changé d'avis: elle va désormais combattre ce paquet européen.

Animé par une soif de revanche sans précédent dans l'histoire politique du pays, Christoph Blocher sera sans doute tenté de s'engager avec force pour faire capoter ce projet. Les trois conseillères fédérales doivent s'attendre à un combat farouche contre une UDC qui, paradoxalement, cherche à tout prix à faire son retour au Conseil fédéral.