Les investisseurs n'accordent toujours pas leur confiance à UBS. Lundi à la clôture, l'action était en baisse de 0,88% à 18 francs. La grande banque a ainsi manqué l'optimisme retrouvé des bourses européennes, qui ont notamment fait remonter les valeurs bancaires.

«Phase de stagnation»

Malgré le plan de sauvetage, les perspectives de bénéfices sont revues à la baisse. Les retraits de plus de 83 milliards de francs au troisième trimestre attaquent la substance économique de la maison. Et «la tendance ne s'inversera pas en un trimestre», résume Loïc Bhend, de la banque Bordier. Avec les charges du plan de sauvetage, les perspectives de bénéfice pour les trois derniers mois se sont pratiquement envolées.

«UBS est entrée dans une phase de stagnation. Avec le rétrécissement de ses activités de banque d'affaires, elle revient à son modèle d'origine, nettement moins dynamique que celui des dernières années. Il faut s'en souvenir, l'UBS d'origine était plus ronronnante!» juge Michel Lagier, stratège à la Banque Rothschild.

Effet retard

Autre indicateur de la méfiance persistante, le marché interbancaire suisse peine à se détendre. A 3,69% lundi, le taux au jour le jour en francs reste plus élevé de 170 points de base que le niveau d'avant la faillite de Lehman Brothers alors que les taux en euros, en livres sterling et en dollars y sont revenus.

«Les doutes persistants sur UBS, acteur majeur sur un marché aussi étroit, font que celui-ci ne parvient pas à se calmer. Ajoutons l'effet retard, les mesures prises par la Confédération étant survenues plusieurs jours après les plans d'aide européens», ajoute Michel Lagier.