Attention, la Suède pourrait se venger! Ueli Maurer met en garde les détracteurs du Gripen contre un possible retour de bâton du pays producteur des avions de combat Gripen.

«Ceux qui prétendent que la Suède est un risque et que la Suisse a besoin de garanties devraient être contents que la Suède n’exige pas de garanties de notre part pour le cas où l’achat n’aboutirait pas», déclare le conseiller fédéral à la «Zentralschweiz am Sonntag». Selon le ministre de la défense, le risque de devoir payer une amende conventionnelle existe et «il ne faut pas réveiller le chat qui dort.»

La NZZ am Sonntag consacre un sujet à l’industrie d’armement suédoise, pour laquelle l’achat des avions de combat par la Suisse est devenue «essentielle». Cette industrie a été fortement développée du temps de la guerre froide, avec le soutien des socio-démocrates au pouvoir. Aujourd’hui, alors que le budget de la défense suédoise est deux fois plus lourd que celui d’autres pays neutres, ce soutien est remis en question par la droite désormais aux affaires, pour raisons d’économie notamment. «Je suis étonné que la Suisse pense qu’un petit pays comme la Suisse pourra encore soutenir des jets dans 30 ans», dit un expert militaire cité par l’hebdomadaire.

Le même titre fait état de l’enquête pénale pour corruption encore en cours en République tchèque, qui a acquis 14 Gripen en 2004. L’instruction de cette affaire a été ouverte en 2010, face aux soupçons que l’équivalent de 28 millions de francs aurait été par le groupe suédois aux ministres et aux parlementaires tchèques. La Suisse a du reste accordé son entraide judiciaire dans cette affaire: la société Valurex International, avec filiale à Genève, active dans le conseil pour acquisitions aéronautiques, aurait joué un rôle d’intermédiaire. En Suède, le groupe Saab rejette les accusations de corruption.

– Une ministre allemande veut rendre illégal l’achat de données volées

Dans le conflit fiscal entre la Suisse et l’Allemagne et la problématique des CD volés, plusieurs titres alémaniques rapportent les propos de la ministre fédérale de la justice Sabine Leutheusser. La politicienne libérale (FDP) réfléchit à interdire dans la loi l’achat et l’utilisation des données bancaires volées. Elle vient ainsi à sa façon en soutien de l’accord fiscal bilatéral négocié par son gouvernement, tandis que les Länder, en particulier ceux qui sont dirigés par les socio-démocrates, veulent continuer ces achats.

Le grand écrivain Martin Walser, 85 ans, longtemps proche du SPD, se distancie dans une interview à «Der Sonntag», des attaques de politiciens allemands contre la Suisse. «Si l’on faisait des lois fiscales raisonnables, il y aurait certainement moins de fraudeurs», dit-il en substance.

Sur le front français, la NZZ am Sonntag fait état d’un rapport du Sénat français sur l’émigration fiscale. Sur les 65 000 Français qui s’installent chaque année à, 11 200 le font pour des raisons fiscales, y lit-on. La Suisse figure au premier rang des pays d’asile. Les auteurs de ce rapport recommandent de renforcer la pression sur la Suisse. Ils ont constaté que la classe politique suisse était peu solide sur le sujet: «En cas d’attaque, elle fait des concessions.»

– Leuthard vs Widmer-Schlumpf

Les projets d’Eveline Widmer-Schlumpf et de Doris Leuthard se font concurrence. Plus précisément, ils risquent de trop charger le bateau pour les milieux économique. C’est pourquoi la ministre de l’économie ne cache pas sa mauvaise humeur envers la réforme fiscale écologique prônée il y a quelques jours par la ministre des finances, celle qui mettrait «le litre d’essence à cinq francs». Selon la NZZ am Sonntag, Doris Leuthard encourage les milieux économiques à ne pas mollir dans leur opposition à la fiscalité verte. Elle pourrait même présenter ces prochains mois un projet de loi pour renforcer les subventions pour les énergies renouvelables, les rénovations d’immeubles et la recherche.

– La retraite à 70 ans?

Les experts, en tout cas, brisent le tabou. Der Sonntag consacre un grand article à une étude réalisée pour l’Office fédéral des assurances sociales et qui permettra au conseiller fédéral Alain Berset de piloter sa réforme de l’AVS. Selon un scénario étudié par les experts, dans le but de ne toucher massivement ni aux prestations ni aux cotisations, l’augmentation de l’âge de la retraite devrait se faire sur 40 ans: 66 ans en 2019, puis 67 en 2026, 68 en 2031, 69 en 2036 et 70 en 2050.

– Une victime de plus

Le guérisseur bernois, qui vient d’être renvoyé en justice après une instruction de plusieurs années, pour avoir infiltré volontairement à 16 patients le virus du sida, a causé au moins une victime indirecte supplémentaire. Selon Der Sonntag, qui se réfère à une source de l’Hôpital de l’Ile, l’un de ces patients a transmis le virus à sa partenaire.