Un cinéma en rêves et en cartons

Guy Brunet fabrique des films, inspirés de l'époque des grands studios, dans une ancienne boucherie de Provence

Qui sait que dans un virage de Viviers, sur la route nationale entre Figeac et Rodez, une ancienne boucherie abrite des studios de cinéma? Oh, ce n'est pas grand, mais peu importe, Guy Brunet est un cinéaste à tout faire. Ses films, il les fabrique de bout en bout, découpant ses acteurs-silhouettes, tenant la caméra, peignant les affiches. La passion l'a pris gamin, dans les années 1950, quand ses parents géraient une petite salle. Il voyait tout, dévorait la documentation. Mais longtemps, Guy Brunet n'a fait des films que dans sa tête.

Ce n'est qu'au bout d'une vie de petits métiers qu'il peut se consacrer à sa passion. Il va ainsi mettre au point un fabuleux cinéma d'animation. Ses acteurs, il ne les invente pas. Il fait revivre ceux de sa jeunesse. Ils sont tous là: Lauren Bacall, Humphrey Bogart, John Wayne, Greta Garbo, mais aussi Jean Gabin, Gérard Philipe ou même Claire Chazal. En carton, les castings sont plus faciles. Guy Brunet reprend des classiques, invente ses propres scénarios, et ses films font le bonheur de quelques rendez-vous où l'on a le sens de la poésie, comme le festival Hors Champ à Nice.

La Collection de l'art brut lui consacre une exposition, curatée par Charles Soubeyran, écrivain et commissaire indépendant, et par le photographe Mario Del Curto, qui a suivi le développement du cinéma de Guy Brunet. Un partenariat avec la Cinémathèque suisse permettra de découvrir, mardi 4 juin au Capitole, quelques extraits des films réalisés à Viviers, après la projection de An American in Paris, un de ses films fétiches.
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