A l'occasion de leur 100e anniversaire, les Retraites Populaires ont lancé un concours afin de soutenir un projet novateur mettant en valeur un aspect du patrimoine vaudois. Le jury a retenu la proposition de Louis-Philippe Bovard, à savoir la création d'un conservatoire mondial du chasselas à Rivaz, en Lavaux.

«Il y a à peu près soixante ans, le producteur récoltait environ 1 kilo de raisin par cep, explique le vigneron. Les rendements étaient naturellement bas. Après le gel de 1956, les deux tiers du vignoble ont été replantés avec de nouvelles sélections résistantes aux maladies et plus productives. Mais elles ont contribué à uniformiser les vins et, aujourd'hui, on peine à produire les grands crus d'autrefois. Cela m'a incité à chercher d'anciennes variétés abandonnées. Par ailleurs, au cours de mes voyages à l'étranger, j'ai pu visiter des conservatoires de cépages, ce qui m'a donné l'idée d'en créer un pour le chasselas.»

Le projet de Louis-Philippe Bovard consiste donc à inventorier et à étudier les différents clones de chasselas à partir des collections des stations fédérales et cantonales, des pépinières et des collections étrangères. Une vingtaine de clones pourraient faire partie de ce conservatoire, qui s'étendra sur deux parcelles en appellation Saint-Saphorin. D'abord, les cinq variétés qui ont compté dans le développement du vignoble vaudois: le fendant roux, le vert de La Côte, le giclet, la blanchette et les bois rouges. Puis les six clones de chasselas homologués en Suisse. Enfin, les variétés étrangères.

Le conservatoire se propose aussi d'offrir une plate-forme de recherche afin de développer de nouvelles souches, et de valoriser le chasselas auprès du grand public. «Nous ferons également des microvinifications afin d'évaluer le potentiel des différents clones», précise le concepteur du projet.

Une fondation, créée cette année, assurera la pérennité de l'entreprise. En 2009 aura lieu le greffage des ceps. En 2010, la plantation des parcelles, et en 2013, la première récolte.