«La vente de la banque d'affaires faisait partie du plan de sauvetage», affirme une source proche des discussions entre UBS et la BNS. Une chose est sûre: si la BNS et la Confédération ont demandé des contreparties à UBS, celle-ci en faisait partie. Le sauvetage d'UBS entraînera une sortie accélérée d'UBS des activités de marché aux Etats-Unis. Avec la Confédération comme actionnaire à 9%, la présence d'UBS sur le marché américain, à l'origine de sa débâcle actuelle, sera moins tolérée. Cette stratégie de retrait lui est déjà imposée par les exigences réglementaires fortement accrues de la BNS et de la Commission fédérale des banques (CFB). Ces dernières ont signalé à UBS que si elle veut poursuivre ces activités de banque d'affaires, ses profits seront fortement réduits en raison des coûts du capital de couverture qui les accompagnera obligatoirement. C'est clair: la CFB et la BNS n'accepteront plus à l'avenir de surveiller, ou d'hériter des risques des grandes banques.

Plus de pilule empoisonnée

UBS, d'ailleurs, l'avait compris au début de cette année. Elle œuvre à un recentrage du groupe sur son activité lucrative et stable, la gestion de fortune internationale. «La gestion de fortune et la clientèle entreprises représenteront, désormais, 82% des bénéfices avant impôts d'UBS», calcule Vontobel.Déclarant le 12 août que seule son activité de gestion de fortune, désormais, était «stratégique» pour le groupe, UBS a clairement signalé que sa banque d'affaires était à vendre. Celle-ci a encore perdu 2,7 milliards de francs au 3e trimestre, dont 4,4 milliards d'amortissements sur des actifs à risque.L'objectif vital d'UBS est de protéger sa réputation auprès de ses clients privés, alors qu'elle vient de connaître une véritable hémorragie de 84 milliards de retraits d'avoirs entre juin et septembre. Mais jusqu'ici, un obstacle majeur se dressait contre une vente de la banque d'affaires: «La présence des actifs toxiques dans le bilan de la banque d'affaires agit comme une pilule empoisonnée: cela repousse tout acheteur», avait remarqué cet été Konrad Hummler, associé de Wegelin & Co. UBS a désormais un bilan «propre». Ses chances de trouver preneur pour cette division à l'origine de tous ses problèmes sont désormais élevées.