«Je m'attendais à ce résultat car, même si la campagne n'a pas été très animée, une majorité de gens s'est exprimée en faveur de l'imprescriptibilité avec des arguments tels que la protection que mérite l'enfant victime ou la punition que mérite l'auteur d'actes infâmes. Il était difficile de nier de telles évidences sans avoir l'air de passer pour un insensible spécialiste. J'ai toutefois bien peur que la justice ne donne pas raison à ceux qui espèrent beaucoup de ce résultat. Le nombre de cas concernés va être faible et posera d'évidents problèmes au niveau de l'administration des preuves.

L'acceptation de cette initiative va poser la question de la rétroactivité. Il est difficilement imaginable de penser que des actes, aujourd'hui prescrits, pourront être poursuivis. Il faudra donc attendre longtemps avant d'en mesurer les effets. Enfin, il sera intéressant de voir si le législateur va, de manière intelligente, prévoir de subordonner ce type de poursuite à la plainte de la victime. Car si la personne abusée n'est pas intéressée à la procédure pénale mais se trouve attirée malgré elle en raison d'aveux tardifs ou d'autres circonstances, cela deviendra très contre-productif.» Propos recueillis par Fa. M.