Revue de presse

Un Mondial 2006 acheté? La presse allemande sous le choc

Après le traumatisme Volkswagen, le choc de la Coupe du monde: des révélations sur une caisse noire qui aurait permis d’acheter des voix en vue du championnat de 2006 tétanisent le pays

Après le scandale du logiciel truqueur de Volkswagen, l’Allemagne semble recevoir un nouvel électrochoc. Ce samedi, le pays est en émoi après des révélations du magazine der Spiegel selon lesquelles le pays organisateur du Mondial 2006 aurait acheté des voix au sein de la FIFA pour décrocher l’organisation de la compétition, restée dans la mémoire collective comme le plus grand événement depuis la chute du mur de Berlin en 1989.

Dans son édition parue samedi, l’hebdomadaire der Spiegel affirme que le comité de candidature allemand s’était constitué une caisse noire qui a servi à acheter des voix pour remporter l’organisation de la Coupe du monde il y a 9 ans. La Coupe a été surnommée «le conte d’été», tant elle a transformé le pays bien au-delà du monde du football. La Fédération allemande, la DFB, a nié ces révélations tout en reconnaissant un versement de 6,7 millions d’euros à la FIFA. Elle affirme toutefois que ce virement n’avait aucun lien avec cette compétition, sans préciser son usage réel.

Un «conte d’été» de 2006 qui vire au cauchemar automnal en 2015

«Le Mondial 2006 a-t-il été acheté?»: ce titre barre la Une du quotidien le plus lu d’Allemagne, Bild, qui se demande également: «Avons-nous acheté notre «conte d’été» par de la corruption?».

««Conte d’été 2006»: tout a été en fait acheté?», s’interroge de son côté le quotidien berlinois Tagesspiegel, avec une photo de l’époque montrant des jeunes supporteurs allemands en liesse, le visage peint aux couleurs du drapeau allemand. Le journal rappelle en outre que la compétition arrive «juste derrière la chute du Mur de Berlin parmi les événements les plus beaux de ces dernières décennies».

A l’époque, souligne le Tagesspiegel, les scandales qui éclaboussent aujourd’hui l’instance mondiale du football semblaient encore loin, et les bruits qui couraient «visaient son président Joseph Blatter ou du moins un système de complaisances mutuelles». La DFB «n’était pas particulièrement à la tête du mouvement de protestation» contre ces agissements supposés. La DFB «n’était pas particulièrement à la tête du mouvement de protestation» contre ces agissements supposés. «Bizarrement, son président Wolfgang Niersbach s’était tenu en retrait, tout comme Franz Beckenbauer (alors président du comité d’organisation). Maintenant on sait sans doute pourquoi.»

L’Allemagne, aussi fiable qu’une VW à diesel

Si ces révélations sont avérées, «ce sera grave pour le football allemand», résume la Süddeutsche Zeitung dans un éditorial cinglant. «Car alors ce «conte d’été» qui jusqu’à aujourd’hui réveille dans le monde le souvenir de la naissance d’une Allemagne ouverte sur le monde et accueillante, aura à l’avenir la même réputation qu’une voiture diesel Volkswagen», écrit le quotidien. La Süddeutsche Zeitung note également qu’il faudra revoir le cas échéant «l’image emblématique nationale» de Franz Beckenbauer, révéré de toute l’Allemagne.

Le Mondial-2006 avait été remporté par l’Italie à l’issue d’une finale dramatique face à la France, marquée par les adieux de Zinédine Zidane et son expulsion pour un coup de tête au défenseur italien Marco Materazzi. La compétition avait permis également aux Allemands de manifester leur engouement pour leur pays pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale.

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