Grigory Sokolov est un ovni dans l'univers pianistique. Rien que sa corpulence en impose, alors qu'il mêle puissance et délicatesse. Le pianiste russe n'aime pas fixer ses programmes trop à l'avance. Il déteste encore plus enregistrer des disques en studio. Le dernier récital de Grigory Sokolov à Genève (en décembre) était un bel exemple de ce qu'il sait faire. Dans la 1re Partita de Bach comme la 7e Sonate de Beethoven, il a fait ressortir admirablement les lignes de contrepoint. La 3e Sonate de Chopin (presque beethovénienne dans sa conception) manquait d'ivresse par endroits, mais que l'on adhère ou non à ses partis pris, le pianiste russe impressionne toujours. Il est très généreux en bis, jusqu'à donner près de trois quarts d'heure de musique supplémentaire, comme récemment à Genève (six bis en tout!).