Lion d’or à la dernière Mostra de Venise, Un Pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence conclut selon son auteur «une trilogie sur le fait d’être un être humain». On reconnaît bien là l’humour laconique du Suédois Roy Andersson, fidèle au rendez-vous après Chansons du deuxième étage (2000) et Nous, les vivants (2007). Ce nouveau film en 37 tableaux pourrait être le plus accessible de la trilogie du fait d’un certain nombre de personnages récurrents lui conférant un semblant de continuité, en particulier Sam et Jonathan, deux vendeurs de farces et attrapes qui apparaissent dans un bon tiers des scènes. Leur job, forcément dérisoire? «Le divertissement, parce qu’il faut bien que les gens s’amusent.» Pour le reste, on retrouve l’habituelle promenade kaléidoscopique à travers la destinée humaine, où l’humour le dispute à la tragédie. Clou du film, les deux séquences surréalistes qui voient le jeune roi Charles XII et son armée débarquer dans un bistrot avant et après avoir livré bataille contre les Russes. Qui apprécie le style à base d’humour noir et de plans-séquences très composés de ce fils spirituel de Beckett et Tati sera aux anges. Les allergiques à sa lumière «bocal» blafarde et à son échantillon humain bien peu glamour, eux, éviteront, vu le manque de renouvellement.