A Daillens, dans le canton de Vaud, le dégagement des voies est terminé mais les perturbations vont encore durer «plusieurs jours», indique la police cantonale vaudoise. Un wagon est vraisemblablement à l’origine du déraillement, selon les premières expertises. L’un des wagons a perdu des pièces et a entraîné la sortie de voie de la fin du convoi qui roulait à 100 km/h. Les eaux de surface ne sont pas atteintes par la pollution. Le trafic sera perturbé encore plusieurs jours.

Cinq jours après l’accident, les différents services de secours et d’enquêtes ont fait le point de la situation mercredi sur place. Un des cinq wagons de queue a perdu plusieurs pièces de roulement à environ 150 mètres au-delà du pont, dans la courbe.

Le wagon défectueux a entraîné le déraillement. Les enquêteurs n’ont en revanche détecté «aucune anomalie» sur les voies sur les 500 mètres avant l’accident, a déclaré Philippe Thürler, du Service suisse des enquêtes de sécurité (SESE), devant la presse.

Il est trop tôt actuellement pour rattacher ces pièces, en particulier une boîte à essieu, à un wagon en particulier. Les wagons ne sont pas la propriété de CFF Cargo, mais appartiennent à des entreprises suisses et étrangères, dont les noms n’ont pas été révélés.

Analyse métallurgique

Une fois les wagons relevés, il sera possible de déterminer l’origine des pièces. Les investigations se poursuivent et des analyses métallurgiques seront demandées, a ajouté Philippe Thürler, suppléant du chef du domaine rail et navigation au SESE.

Aucune atteinte n’a été constatée pour l’heure aux eaux superficielles, celles de la Venoge y compris, a déclaré de son côté Sylvain Rodriguez, de la Direction générale de l’environnement (DGE) du canton de Vaud.

25 tonnes d’acide sulfurique

Au total 25 tonnes d’acide sulfurique se sont déversées dans le sol, trois tonnes de soude ainsi que des quantités «marginales» d’acide chlorhydrique. Il n’y a eu aucune dispersion du méthylène contenu dans le quatrième wagon, a détaillé le responsable.

Après l’urgence viendront l’assainissement du site et l’élimination des terres polluées. Le volume total dépendra certes de la profondeur de la pollution, mais Sylvain Rodriguez a déjà avancé que 5 à 6000 tonnes de terre seront à évacuer.

Une opération »de grande ampleur»

Pour la nappe phréatique, des forages en aval seront effectués avec des mesures en continu. Si une pollution est constatée, des pompages seront mis en oeuvre.

L’accident a nécessité «une opération de grande ampleur», a souligné Denis Froidevaux, chef de l’Etat-major cantonal de conduite. «Plusieurs centaines de personnes» ont été engagées, se relayant jour et nuit. «Notre premier souci a été la sécurité des intervenants et de la population avoisinante».

Le responsable a rejeté les critiques sur la lenteur des opérations. «Tout a été fait pour aller le plus vite», tout en respectant les consignes de sécurité qui ont permis d’éviter tout accident grave. Seulement six pompiers ont été légèrement incommodés. «Tout le monde a fait son travail et je leur tire un grand coup de chapeau».

Aucun montant ne peut être articulé aujourd’hui sur les coûts de l’accident. «Il est trop tôt également pour établir des responsabilités», a relevé le procureur Bertrand Bühler.

«Excuses» des CFF

Directeur de CFF Cargo, Nicolas Perrin a présenté «les excuses des CFF» à leurs clients. Les CFF font tout pour réduire les risques liés au transport des matières dangereuses, avec des normes plus sévères que dans l’Union européenne (UE), notamment avec la réduction de la vitesse des convois dans les zones urbaines.

Le trafic voyageurs sera perturbé encore plusieurs jours, sans qu’il soit possible de donner des précisions. Les CFF maintiennent d’ici là leur dispositif de substitution.

Questionné sur l’information au public samedi matin après le déraillement survenu à 02h54, Denis Froidevaux a indiqué que l’on avait préféré «temporiser» une fois que l’on a su qu’il n’y avait pas de risque de nuage toxique. Une séance générale d’information pour la population a été proposée également aux syndics des alentours, mais ces derniers ont décliné l’offre.

De Daillens, il n’y a eu que deux appels téléphoniques pour demander des informations, a ajouté le responsable. Les travaux de remise en ordre du tronçon seront d’envergure: 600 mètres de voie sont endommagés, le câblage a été arraché.