«Je crois que c'est une défaillance humaine» qui est à l'origine de l'incident du 19 septembre dernier, a expliqué le responsable du projet LHC au Cern, Lyn Evans, lors d'une conférence de presse.

Selon M. Evans, l'incident est «très probablement» dû à un joint défaillant sur les 10'000 de grosses tailles qui sont chargés de faire les interconnexions entre les aimants supraconducteurs du Grand Collisionneur de Hadrons (LHC).

Le joint a apparemment «trop chauffé, faisant un trou» dans le conduit et «libérant l'hélium (chargé du refroidissement, ndlr) dans le tunnel», a-t-il ajouté, précisant que les équipes chargées des réparations n'avaient pas encore pu vérifier ces hypothèses.

L'accélérateur de 27 km, enfoui à 100 mètres sous terre et qui doit permettre de mieux comprendre les premiers instants qui ont suivi la création de l'univers, a connu deux pannes successives, quelques jours seulement après son lancement en fanfare le 10 septembre.

La deuxième, plus grave, s'est produite lors d'un test destiné à préparer la montée en puissance de l'installation qui avait, selon les physiciens du Cern, fonctionnée au-delà de tous les espoirs le jour de son démarrage.

«On a fait en une heure ce que l'on prévoyait de faire en quatre jours», insiste M. Evans reconnaissant un «coup dur» pour l'organisation.

D'autant plus que la machine ne pourra redémarrer avant fin avril, a confirmé le porte-parole du Cern, James Gillies, le LHC qui fonctionne à -271° devant être réchauffé pour permettre les réparations, ce qui prend cinq semaines. Compte tenu ensuite de la durée des réparations puis du temps nécessaire pour refroidir à nouveau le conduit jusqu'à une température proche du zéro absolu, l'accélérateur ne pourra être relancé avant sa pause pour maintenance de l'hiver, a-t-il également expliqué.

Malgré tout, le Cern a maintenu l'inauguration de son «petit bijou» le 21 octobre comme prévu, attendant 28 délégations de ses pays membres.