Une gérance en chantier

Après bien des déboires et des blocages, celle qui assume cette année la charge de maire est parvenue à faire voter la réforme de la Gérance immobilière municipale (GIM), la régie à vocation sociale de la Ville.

But louable de la manœuvre: remédier à l’arbitraire qui règne dans les critères d’attribution des 5000 logements sociaux que possède la Ville, afin que les appartements soient à terme affectés aux plus démunis. Mais la magistrate a dû affronter l’opposition combinée de la gauche dure, qui critique des hausses de loyers, et de la droite, qui dénonce une attaque contre la classe moyenne. L’édile a également payé les conséquences de son style arrogant, donneur de leçon et parfois cassant qui a, dès son entrée en fonction, braqué élus, magistrats de la Cour des comptes, et aussi plusieurs hauts fonctionnaires arrivés durant son mandat et repartis après quelques brefs mois de fonction.

La magistrate a encore, avec le concours de Pierre Maudet, fait aboutir la réforme du statut du personnel de la Ville, qui fait la part belle aux revendications des syndicats sans régler le problème de la retraite, fixée à 62 ans. Mais la refonte a le mérite de moderniser une série de règlements devenus obsolètes.

Le principal faux pas de son mandat, Sandrine Salerno l’a fait en tentant de mener campagne, avec Rémy Pagani et au nom du Conseil administratif, contre les baisses fiscales cantonales. La justice y a mis le holà. Mais surtout, après avoir annoncé de lourdes pertes et des coupes sombres dans les prestations si le scrutin était positif, la magistrate a présenté, quelques mois plus tard, des comptes étincelants pour la Ville.

Autre action notable de l’élue: l’engagement de l’ex-conseillère communale Valérie Garbani à la tête de l’unité juridique de la GIM. Une planche de salut pour la Neuchâteloise, certes compétente, mais la démarche a inévitablement nourri des soupçons de copinage.