Une juriste pour surveiller la place financière

Nomination Anne Héritier Lachat succéderaà Eugen Haltiner à la présidence de la Finma

Avec un mois de retard sur le calendrier initialement prévu, le Conseil fédéral a dévoilé mercredi le nom du successeur d’Eugen Haltiner à la tête de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma). Anne Héritier Lachat, professeure de droit bancaire et financier à l’Université de Genève, présidera le conseil d’administration de la Finma à compter du 1er janvier prochain.

Citée dès septembre parmi les personnalités susceptibles de succéder à l’ancien président, controversé en raison de ses liens jugés trop étroits avec son ex-employeur UBS, la Genevoise a l’avantage de pouvoir se targuer d’une entière indépendance envers les banques suisses. L’avocate âgée de 60 ans a été conseillère à la commission des OPA de 1993 à 1998. Déjà membre du conseil d’administration de la Finma depuis 2008, elle se consacrera entièrement à sa nouvelle fonction.

Son manque d’expérience dans le secteur bancaire est toutefois sa principale faiblesse. La future présidente relativise ce handicap: «Pour présider la Finma, il faut non seulement disposer d’une large expérience dans le secteur bancaire mais également dans les domaines de la bourse et de l’assurance», a argumenté Anne Héritière Lachat lors d’un point de presse mercredi à Berne. Outre les banques, la Finma supervise aussi les sociétés d’assurance, les bourses ainsi que les placements collectifs de capitaux. L’annonce de sa nomination a été bien accueillie par les organisations de la branche. L’Association suisse des banquiers (ASB) a salué mercredi la nomination d’Anne Héritier Lachat, soulignant sa «longue expérience et ses connaissances étendues». Même ton à l’Association suisse des fonds de placement (SFA), qui en a aussi profité pour évoquer les «besoins de réformes urgents» à mettre en œuvre dans le domaine des placements collectifs de capitaux.

Membre du Parti socialiste, Anne Héritier Lachat a plutôt minimisé son appartenance politique. Elle a souligné son «entière indépendance à l’égard du Parti socialiste suisse». Accroître la réglementation n’est pas un but en soi. «Je ne veux pas forcément plus de régulation. Je souhaite une surveillance sérieuse et une réglementation adaptée», affirme-t-elle. Elle juge aussi que l’organisation dispose de «moyens suffisants» pour assurer les tâches qui lui sont actuellement confiées.