«Ah, c'est une mauvaise surprise. Jusque-là, c'est vrai, on pouvait être fier qu'UBS ait pu se passer d'argent public. Et il ne s'agissait pas d'aveuglement idéologique. Les banques d'autres pays, comme celles d'Espagne ou d'Italie, avaient aussi pu s'en sortir seules. En outre, UBS était la première banque à avoir agi à grande échelle pour se sortir de la crise.

Ces tout derniers jours, cependant, et ce malgré les interventions européennes, le marché monétaire était très tendu. Cela a pu contribuer à aggraver la situation d'UBS. Hier, j'ai appris que la Banque nationale (BNS) semblait aider discrètement la banque depuis des semaines, voire des mois.

La BNS a agi de manière préventive. On a toujours dit que la dimension des deux grandes banques rendait impensable une aide de l'Etat seul en cas de grave problème. La BNS n'a pas voulu attendre de se retrouver dans cette situation, et évite ainsi de devoir, peut-être, un jour, payer un sauvetage à un coût très élevé.

Par ailleurs, je préfère que ce soit la Confédération qui vienne au secours d'UBS plutôt que les Etats-Unis avec le plan Paulson. Elle respectera les spécificités helvétiques, à commencer par le secret bancaire. Les Américainsne le feraient peut-être pas. La Confédération, comme le Qatar au capital de Credit Suisse, va en outre se comporter en actionnaire stable. J'ajoute que la Confédération va revoir le système de rémunération. Elle le fait en tant que propriétaire, c'est tant mieux!

Pour les autres banques, je crois toujours qu'elles ne sont pas directement touchées par la crise. Ou tout du moins, le risque est moindre. Et aujourd'hui, on sait que si l'une d'entre elles rencontre des difficultés, la BNS ne la laissera pas tomber.»