Selon certaines notices, Paul Féval est «mort fou». Jugement laconique illustrant l’inconnue des dernières années de l’auteur, ruiné à plusieurs reprises, accueilli par des religieux à Paris, chez qui il décède en 1887. Les débuts n’avaient pas été plus faciles. Né à Rennes en 1817, Paul Henry Corentin Féval perd son père à l’âge de onze ans. Malgré cinq enfants et des revenus chiches, Paul peut faire des études de droit et s’inscrit même au barreau de Rennes. Il fuit la profession dès sa première plaidoirie, pour un voleur de poules, dans des circonstances encore peu claires. Avait-il bégayé?

Venu à Paris avec des ambitions littéraires, il est commis dans la banque d’un parent, qui finit par le renvoyer parce qu’il «lit au lieu de travailler», note Ellen Constans dans sa chronologie (dans Le Bossu). Après plusieurs tentatives, il peut placer, en 1841, Le Club des phoques dans La Revue de Paris. La nouvelle le fait remarquer. Anténor Joly, patron du Courrier français, l’engage pour voguer sur la mode des Mystères de Paris. Jusqu’en 1876 le succès, considérable, alterne avec des phases de dépression. Cette année-là, déjà ruiné, il se «convertit», bien qu’il ait toujours été catholique.