«Ce que je reproche à Pascal Couchepin, que j’apprécie, il le sait, c’est que dans certains dossiers, parce qu’il n’obtenait pas de résultats, il a laissé aller, il ne s’est pas investi jusqu’au bout. Nous avions entre autres discuté d’une certaine ouverture dans la question de la liberté de contracter. On avait posé la question de la coexistence de deux modèles de base, l’une avec le manage care et des réseaux intégrés et la solution actuelle pour ceux qui tiennent au libre choix du médecin et sont d’accord de payer davantage.

»De l’autre côté, il y avait la prolongation du gel des ouvertures de cabinets. La commission de la santé du Conseil des Etats a décidé à 8 contre 5 de ne pas prolonger. Je faisais partie de la minorité qui voulait prolonger encore une fois, de deux ans, le gel de l’ouverture des cabinets. La commission a alors travaillé pour développer les deux modèles de base. Pascal Couchepin n’a jamais caché son indifférence en nous disant: «Faites ce que vous voulez.» Mais la commission n’a pas les moyens de faire ce travail toute seule. A la fin, elle a refusé d’entrer en matière par 6 voix contre 5. Je prétends qu’on aurait pu aboutir et on devra revenir avec ce projet. Mais il faut que le chef de Département qui est responsable conduise et qu’il dise ce qu’il veut.

»Il y a d’autres sujets sur lesquels on a bien pu travailler. La solution retenue pour l’AI a vu le jour à la commission des Etats. Il en est allé de même avec le financement des hôpitaux. Pascal Couchepin connaît les dossiers, mais il ne faut pas seulement les connaître, il faut aussi les conduire. Si je suis élu, j’aurai cette volonté de finaliser les réformes importantes. Je ne suis pas convaincu par toutes les mesures urgentes. Ce n’est pas très bien parti pour la session de septembre.

Celui qui va succéder à Pascal Couchepin devra arriver l’année prochaine déjà avec une ou deux réformes durables du système de la santé. Financement, compétences, catalogue des prestations de base, tout est à revoir. L’augmentation des primes de 10% pour 2010 sera insuffisante. On va puiser dans les réserves et on aura les mêmes augmentations les années suivantes. Il faudra avoir le courage de faire des propositions, d’affronter le parlement et si nécessaire le peuple. Il faudra également venir avec une sixième révision de l’AI et avec la douzième de l’AVS. En matière de formation, le projet de coordination des hautes écoles est mal parti et je n’ai pas l’impression que la paix règne dans le domaine de la culture. Celui qui reprendra ce Département devra beaucoup s’investir et proposer plusieurs projets réformateurs.»