Katsushika Hokusai (1760-1849). On dit de lui qu'il est le père du manga, ce mot qu'il a lui-même créé pour qualifier ses milliers d'esquisses. En 1831, dans un Japon encore très fermé, ses 36 vues du mont Fuji empruntent deux éléments à l'Occident: le bleu de Prusse exporté de Hollande depuis une dizaine d'années à peine, et certaines lois de la perspective. La première de ces vues est la Grande Vague de Kanagawa, ou simplement La Vague, qui laisse apparaître le mont au fond de l'image, dans le creux du rouleau.

Ses scènes érotiques, ses images fantastiques aussi, font de lui l'un des artistes les plus célèbres du monde. Il a fasciné Van Gogh, Monet et bien d'autres. Au-delà de la légende, le Grand Palais invite à voir cet automne pas moins de 500 œuvres du maître. Une grande partie ne quittera sans doute plus le Japon après l'ouverture de l'Institut Hokusai, à Tokyo, au printemps prochain.

Hokusai, surnommé «le vieux fou de la peinture», est avec Hiroshige son cadet l'artiste le plus important de la fin du mouvement de l'ukiyo-e, ce «monde flottant» dont il se libère la soixantaine venue.

L'exposition sera découpée en deux volets pour protéger les œuvres, une centaine de pièces fragiles étant remplacées en cours de route par d'autres jugées équivalentes. Ce qui nécessite dix jours de relâche, du 21 au 30 novembre.