C'est l'état d'urgence. La crise financière a fini par contaminer l'économie réelle. Les Etats-Unis et l'Europe sont directement menacés par la récession. Les Etats, qui ont mis près de 3000 milliards pour sauver les banques et les assurances maladroites et malades, ne pouvaient pas rester les bras croisés face aux entreprises dont les carnets de commandes se vident et qui se mettent à réduire la voilure. D'où la multiplication des plans pour aider en quelque sorte «Main Street», après avoir soutenu «Wall Street». Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'économie mondiale ralentira de 5% en 2007 à 3,9% cette année et à 3% en 2009.

Les Etats-Unis sont habitués aux plans de relance. L'actuelle administration Bush en a largement fait usage. Les deux candidats dans la course présidentielle qui a lieu dans une semaine promettent tous deux d'investir des milliards pour soutenir l'économie. Londres, Paris, Berlin, Madrid, Rome, après avoir été longtemps hostiles à des politiques de relance, mettent à présent les bouchées doubles pour donner un coup de fouet à leur économie respective. Certaines capitales, à l'instar de Berlin, hésitent sur les outils: des mesures fiscales comme la baisse d'impôts ou le lancement de grands travaux qui génèrent des emplois et du pouvoir d'achat. Le Japon, deuxième puissance économique mondiale, carbure depuis des années grâce aux investissements publics.

Les pays émergents ne sont pas épargnés par le ralentissement. La Chine vient de lancer un plan de relance de grande envergure. Face aux exportations en baisse, notamment aux Etats-Unis et en Europe, ses principaux marchés, Pékin veut injecter 100 milliards de dollars dans les infrastructures rurales. Objectif: développer son marché intérieur pour soutenir l'économie nationale.