Elle tente péniblement d'obtenir une connexion Internet. Histoire de savourer encore une fois les résultats. La députée d'Ecologie libérale, Isabelle Chevalley, a coordonné la campagne contre «le bunker» au bord du lac et a donné rendez-vous à tous les opposants dans le local des «Amis de la cité», situé au rez-de-chaussée de l'immeuble qui accueille la conférence de presse du Conseil d'Etat. L'ambiance est à la fête. «Je suis ravie que le bon sens du peuple l'ait emporté sur la propagande de l'Etat», dit-elle. Reconnaissons que le comité référendaire peut se targuer de l'avoir emporté presque seul contre tous. «Il y avait un aspect soviétique des choses», n'hésite pas à dire le député UDC Gabriel Poncet.

Seuls contre tous

Ainsi, la classe politique était quasi unanime - mise à part l'UDC - en faveur du projet, tout comme les milieux économiques et l'ensemble de la presse. Ajouté à cela de faibles moyens financiers - 30000 francs de budget déclaré contre 200000 du côté des partisans - et le résultat d'hier sonne comme un exploit pour ce groupe hétéroclite d'opposants qui réunit des députés plus ou moins bannis de leur formation politique de base, des forains, des défenseurs du patrimoine bâti et des rives du lac, sans oublier l'écologiste Franz Weber.

Manque d'anticipation

Présidente des radicaux, Christelle Luisier reconnaît que le résultat sonne comme une claque pour les formations politiques vaudoises. «Cela montre qu'il y a un décalage entre les gens et les partis. Mais cela montre aussi la difficulté de faire passer un objet culturel.» Christelle Luisier regrette encore le manque d'anticipation du Conseil d'Etat. «On a laissé s'installer l'idée que ce projet était laid.»

Retour aux vainqueurs du jour. Même si la ministre vaudoise responsable de la Culture, Anne-Catherine Lyon, a dit clairement hier soir qu'il n'était toujours pas question d'imaginer un nouveau Musée des beaux-arts à Rumine, les opposants ont à cœur de prouver que cette idée n'était pas juste de la poudre aux yeux destinée à masquer un refus pur et simple. «Nous allons demander que l'Etat étudie l'implantation du Musée des beaux-arts autour du site de la place de la Riponne via un postulat qui sera déposé au Grand Conseil. Il faut que nous repartions de l'existant», dit Jacques-André Haury, député d'Ecologie libérale. «Il faut remplir le vide de la Riponne», conclut Sarcloret, chanteur mais également architecte de formation.