Le vent des fusions emporte les communes neuchâteloises

Votation Quinze localités du Val-de-Ruz s’unissent. Sur le Littoral, trois autres font de même

Le canton ne comptera plus que 37 communes

Le Val-de-Ruz et ses 15 000 habitants constitueront une seule commune dès le 1er janvier 2013. A l’exception du petit bourg médiéval de Valangin, qui a renoncé à participer au processus, les quinze communes du district ont soutenu le projet avec une belle unanimité. Pour les défenseurs de la plus grande fusion de Suisse, la victoire était d’autant plus belle qu’elle était un peu inattendue. Les membres du comité de fusion craignaient le refus d’une ou l’autre commune, scénario qui aurait contraint de reprendre le processus à zéro.

Les partisans de la fusion s’étaient réunis dès la mi-journée au restaurant du site Evologia, à Cernier, chef-lieu du district. Après moins d’une heure de suspense et de contacts serrés avec les différents bureaux de vote, les résultats définitifs sont tombés dans la joie et l’émotion. Présent pour l’occasion, le conseiller d’Etat Thierry Grosjean a enchaîné les hip-hip-hip, un verre de blanc à la main. «C’est un magnifique résultat, répétait-il en boucle. Après Val-de-Travers, la constitution d’une commune forte au Val-de-Ruz, à mi-chemin entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, devrait permettre de réduire le clivage entre Haut et Bas du canton.»

La joie du ministre libéral-radical a été double quelques minutes plus tard quand il a appris que sa commune d’Auvernier, sur le Littoral, acceptait de se marier avec Colombier et Bôle. Une victoire obtenue d’extrême justesse, avec 413 «oui» contre 407 «non» à Auvernier, mais une victoire quand même. La nouvelle commune, qui recensera près de 12 000 habitants, sera baptisée Milvignes. Elle naîtra elle aussi officiellement le 1er janvier 2013. Le canton comptera alors 37 communes, contre 53 aujourd’hui et 62 en 2008.

Le résultat du Val-de-Ruz ne souffre d’aucune discussion, avec des écarts très nets dans la grande majorité des communes (entre 52,4% et 74,7% de «oui»). Autre bonne surprise, la participation a été élevée, avec de 20 à 30 points de plus que pour le scrutin cantonal sur le salaire minimum. Une mobilisation sans doute favorisée par une campagne à la tonalité délétère, où on a autant parlé des affiches arrachées et taguées que de l’avenir de la région.

Comme on pouvait le prévoir, le scrutin le plus serré s’est déroulé à Fontainemelon, seule commune qui connaîtra une hausse de son coefficient fiscal. Le «oui» l’a emporté avec une marge de 35 voix. «Notre travail d’explication au cours de six séances d’information citoyenne a porté ses fruits», soulignait le président de commune, Pierre-Alain Stoudmann, un des moteurs du projet de fusion.

Les quinze administrateurs communaux vont se mettre au travail dès ce lundi pour dessiner les contours de la future commune de Val-de-Ruz. Comme le promet la convention de fusion, aucun licenciement ne sera prononcé parmi les 200 employés communaux. Les partis politiques – qui ont soutenu la fusion à l’unanimité – lanceront dans la foulée les préparatifs pour les élections communales de mai 2012. Les communes valaisannes de Saint-Maurice et Mex ont largement accepté dimanche de fusionner. Par contre, le projet de fusion entre la ville de Lucerne et les communes environnantes a du plomb dans l’aile. Kriens et Ebikon ont refusé. (ATS)

«La constitution d’une commune forte devrait permettre de réduire le clivage entre le Haut et le Bas du canton»