• Le Stradivarius «Kochanski»

Fruit de la période d'or de Stradivarius, cet instrument de 1717 appartenait au tsar Nicolas II de Russie. Pour le préserver des violences de la Révolution de 1917, il en fait cadeau au violoniste polonais Pavel Kochanski, qui fuit alors la Russie avec son meilleur ami, le pianiste Artur Rubinstein. On raconte que Kochanski évita l'arrestation en jouant quelques mélodies populaires lorsque le train fut stoppé par des soldats à la frontière. C'est le prodige français Pierre Amoyal qui acquiert ensuite le Stradivarius, avant de se le faire voler, avec sa Porsche, en 1987. Au terme de quatre longues années d'investigations et de négociations, dignes d'un roman policier, le violon est restitué en 1991, comme le raconte Amoyal dans son livre Pour l'amour d'un Stradivarius, paru aux éditions Robert Laffont.

Pour l'écouter: Brahms, Sonates pour violon et piano, Pierre Amoyal et Frederic Chiu, Harmonia Mundi, 2002

• Le Stradivarius «Gibson»

Conçu en 1713, le violon porte le nom de George Alfred Gibson, musicien anglais qui le joua entre 1899 et 1911. Bronislaw Huberman, propriétaire suivant et concertiste polonais de premier ordre, se le fait voler en 1936 dans les coulisses du Carnegie Hall de New York, alors qu'il se produit sur scène avec son Guarneri de 1731. En 1985, le violoniste Julian Altman confesse le crime à sa femme sur son lit de mort, mettant fin à cinquante ans de mystère. Elle prétendra que feu son mari l'avait acheté à un malfrat, pour éviter les poursuites. Le «Gibson» a été acheté en 2001 par le soliste américain Joshua Bell, qui en est l'interprète encore aujourd'hui.

Pour l'écouter: Tchaïkovski, Les Concertos pour violon, Joshua Bell, Michael Tilson Thomas, Berliner Philharmoniker, Sony 2005

• Le Stradivarius «Liebig»

Ce violon de 1704 porte le nom d'un fameux collectionneur d'instruments à cordes, dans la Vienne de l'époque. Racheté par Hamma & CO, une des plus grandes maisons de lutherie de la première moitié du XXe siècle, le «Liebig» passe ensuite aux mains de Walter Schneiderhan (1915-2002), illustre représentant de la grande école viennoise et partenaire à la scène du pianiste Wilhelm Kempff. En 2004, le Royal Danish Theater en fait l'acquisition, avec le soutien indispensable de la Velux Fondation. Le violon est prêté au jeune et brillant soliste Nikolaj Znaider; un bel exemple de mécénat.

Pour l'écouter: Brahms, Intégrale de l'œuvre pour violon et piano, Nikolaj Znaider, Yefim Bronfman, RCA Red Seal, 2007 Jon. P.