Le nouveau tout-terrain, présenté au jugement de la presse mondiale en octobre, ne remplace aucun véhicule de la marque. Il ne s'agit pas pour lui de conserver une clientèle fidèle aux fameux grands breaks Volvo, mais de conquérir de nouveaux acheteurs plus jeunes, et plus riches. C'est donc un produit de marketing qui doit asseoir la réputation de son fabricant en matière de 4x4 et étendre le succès des XC70 et XC90.

Lars Blenwall, responsable du programme XC60, explique que le segment dans lequel il s'insère a augmenté de 70 à 100%, selon les marchés, au cours des trois dernières années, et qu'il est prévu que cette progression continue pendant les cinq prochaines années. Cependant, quand Volvo a lancé la conception de ce véhicule, les gros 4x4 étaient très à la mode en Occident, le prix des carburants étant inférieur d'un bon tiers à ce qu'ils sont aujourd'hui. Au contraire de beaucoup de tout-terrains de loisirs qui sortent actuellement, le XC60 est grand, lourd et motorisé par des 5 et 6 cylindres turbocompressés performants, et gourmands. Quand l'on pose à Lars Blenwall la question de la pertinence du timing, il répond qu'«aujourd'hui, la seule chose qui compte, c'est de réussir le lancement de ce véhicule. Nous nous intéresserons à ses développements écologiques plus tard.» Le succès escompté de ce véhicule n'est donc pas une certitude et, surtout, pour combien de temps?

Ingela D'Angelo, responsable du développement de la marque Volvo, commande les études de marché et les tests, auprès de consommateurs, qui l'aideront à définir quels véhicules concevoir, pour qui et quand. Elle explique que ce 4x4 doit ratisser large, «avant, pendant et après la famille, et surtout rajeunir l'âge moyen des conducteurs de Volvo». Mais elle admet que les «vrais» acheteurs du XC60 auront environ 46 ans, avec un revenu familial annuel de plus de 130000 francs. Ce qui réduit tout de même sa zone de chalandise.

Curieusement, la nouvelle voiture n'est pas introduite avec un système de propulsion innovant, tel que le nouveau 2.5 l 5 cylindres turbo fonctionnant à l'E85, ce qui aurait été en parfaite adéquation avec les efforts entrepris par ailleurs par Volvo en matière de protection de l'environnement. La réponse est peut-être à chercher dans les marchés auxquels elle est destinée: Lars Blenwall dit penser que la Russie et la Chine seront parmi les trois premiers.