«Nous voulons redonner de l’espoir à Neuchâtel»

Questions à

La constellation de la droite neuchâteloise, dominée par le PLR et l’UDC, s’élargit avec la création de sections du PDC, du PBD, du PEV et, depuis lundi, des Verts libéraux. Pour autant que ces partis s’apparentent (à l’exclusion vraisemblable de l’UDC), la droite paraît en mesure de reprendre la majorité au Grand Conseil, détenue depuis 2005 par la gauche. L’arme est toutefois à double tranchant, car l’émiettement risque de fragiliser le leader de la droite, le PLR, qui dispose de trois des cinq sièges du Conseil d’Etat, et qui pourrait devoir céder sa mainmise exécutive à la gauche.

Constituée devant une centaine de personnes, la section neuchâteloise des Verts libéraux regorge d’ambitions. Entretien avec son président, Raphaël Grandjean, 37 ans, dynamique chef d’entreprise, domicilié à Gorgier.

Le Temps: Y a-t-il de la place pour les Verts libéraux dans l’espace politique neuchâtelois polarisé, sachant que le PDC, le PEV et le PBD occupent déjà le centre droit?

Raphaël Grandjean: Les Neuchâtelois comprennent notre volonté de stimuler le canton, sans clivage, sans idéologie. Ils sont sensibles à notre politique du bon sens, favorable à l’emploi et à l’écologie. Nous sommes un parti d’avenir.

– Qu’apporteront les Verts libéraux dans la configuration neuchâteloise?

– En premier lieu, de l’espoir. Et une vision large. Nous prônons la concertation pour restaurer la grandeur de Neuchâtel.

– A Neuchâtel, être écologiste, n’est-ce pas forcément être de gauche? En 2007, Ecologie libérale n’avait ­obtenu que 1,6% des suffrages…

– Nous sommes différents d’Ecologie libérale et, depuis 2007, beaucoup de choses ont changé. Nous voulons une écologie qui ne considère pas l’homme comme une nuisance, mais qui le responsabilise, l’encourage. Nous nous positionnons au centre droit et sommes ouverts à toutes les bonnes idées, d’où qu’elles viennent.

– Les Verts libéraux, n’est-ce pas une «invention» alémanique qui peine à percer en Suisse romande?

– C’est une fausse appréciation. Les résultats obtenus par les Verts libéraux sont supérieurs en Suisse romande à ce qu’ils étaient en Suisse alémanique après deux ans d’existence du parti.

– S’il fallait citer un Vert libéral, à Neuchâtel, c’est Claude Nicati. Et vous n’en voulez pas. Pourquoi?

– Claude Nicati ne s’est jamais ­approché de nous avant ses ennuis avec son parti. J’ai une autre vision des convictions. Sa démarche était très opportuniste. Et son bilan est pour le moins contrasté. Nous ne souhaitons pas être associés à l’échec de sa politique.

– Sous couvert de refuser toute nouvelle taxe, la droite a fait capoter les lois sur l’électricité. Qu’auriez-vous préconisé?

– Leur adoption. Ce d’autant que la taxe qui a été refusée était déjà payée par la moitié de la population. Créer un fonds de promotion énergétique est une option juste. Nous sommes favorables au principe de qui consomme paie.

– Etes-vous favorables aux éoliennes?

– Je regrette qu’il n’y ait pas de plan énergétique fédéral. Les éoliennes apporteront une énergie transitoire nécessaire en attendant l’arrivée de nouvelles technologies. Opposer l’installation d’éoliennes à la ­défense des crêtes du Jura ne nous convient pas. Surtout si les éoliennes ne sont que transitoires.

– Et le projet de centrale à gaz de Cornaux?

– Il est probable qu’on doive passer par là. A condition que ce soit transitoire et qu’on s’applique à trouver d’autres énergies renouvelables.

– Quelles sont vos ambitions?

– Après avoir été des observateurs, nos membres veulent maintenant être acteurs. Nous visons au moins cinq sièges au Grand Conseil, pour constituer un groupe autonome. C’est un objectif réaliste au vu de la situation neuchâteloise. Il y a une envie de changement. Notre résultat pourrait en surprendre plus d’un. Les questions d’une candidature au Conseil d’Etat et d’un apparentement restent ouvertes.