Une des photos du spectacle dit beaucoup de Wunderkammer, ce cabinet des curiosités poétique qui privilégie les êtres en morceaux et autres chimères. Sur un fond bicolore, bleu-jaune, apparaissent non pas des marionnettes à fil complètes, mais des éléments anatomiques épars. Exactement, sur fond jaune: deux têtes bleues de taille différente et une paire de bras aux mains sans fin. Et, sur fond bleu: une tête jaune rigolarde et une paire de jambes effilées qui partent directement du cou… Plus loin, on voit une paire de mains en bronze, libres de tout corps, s'en prendre à la chevelure d'une des marionnettistes. Autant dire que l'artiste allemand Frank Soehnle ne craint ni la dislocation ni le frisson. Encore moins la libre, très libre imagination. Sur des musiques jazz ou electros, l'auteur de Salto lamento, un de ses précédents spectacles venu au Théâtre des marionnettes de Genève, tisse une balade qui s'annonce étrange et attachante pour les adultes et les ados.